L’Ère du vide (Entrée 6)

Dans son livre, Gilles Lipovetsky est réconfortant par sa façon de dire les choses telles qu’elles sont, sans les juger. Qu’aurait-il écrit aujourd’hui prêt de 20 ans plus tard sur le même sujet? D’ailleurs il l’a peut être fait puisqu’il est encore en vie et continu d’écrire. Malheureusement, je n’ai pas le plaisir d’avoir d’autres livres de lui sous la main. Il faut lui donner raison dans son analyse de notre société qui a tout de même évolué un peu depuis le temps. Prenons un sujet que j’aborde souvent. L’apparition de l’internet aura encore plus poussé cette tendance pour la personnification de notre vie. Des milliards de pages toute plus séduisantes que les autres, toutes des morceaux pour se faire une vision à notre image par cette fenêtre tangible qui se trouve sous nos yeux; un peu à la façon des meubles IKEA.

On trouve sur internet tout ce que l’on veut pour nous plaire, il serait presque ridicule de chercher ailleurs pour nous satisfaire. On peut jeter ce gaspillage de papier énorme qu’est notre bottin, le numéro de votre ami est beaucoup plus rapide à trouver ici. Et encore, pourquoi passer pour le téléphone? Envoyons lui un courriel. Même les supermarchés trop énormes commencent à devenir dépassé. Sur internet, on peut trouver exactement ce que l’on souhaite au moindre détail prêt sans passer des heures dans les rayons où l’on risque parfois d’être agressé par des vendeurs qui veulent nous vendre des choses inutiles alors qu’on va simplement s’acheter les derniers vêtements à la mode. On aurait pu pourtant croire avec cette tendance à se servir soit même que l’évolution arriverait d’elle-même à faire disparaitre ces vendeurs, mais pourtant, certains on survécu.

Même l’amour peut être trouvé sur internet avec les sites de rencontres. Plus de risques de se faire dire non. On trouve exactement ce qu’on veut, et l’on est désiré par une personne qui aura trouvé en nous l’exacte individu qu’elle désire. Sortir et rencontrer des gens n’est plus nécessaire, et les aléatoires de la séduction disparaissent par le fait même. Il n’y a plus qu’un processus de séduction personnalisé et individualisé à l’image de notre société individualiste postmoderne.

Définitivement, il faut avouer que cet univers, peut être fruit du processus de séduction lui même tant les gens qu’on y retrouve sont cultivé et connaissent parfaitement leurs sujets, semble l’aboutissement normal d’une vision hédoniste qui nous permet de vivre pleinement sans avoir à quitter le confort de nos pantoufles.

~ par Dimitrilium le 2 novembre 2010.

Une Réponse to “L’Ère du vide (Entrée 6)”

  1. Billet intéressant, d’autant plus que nous n’avons pas encore discuté de Lipovetsky en classe… Bon travail!
    Voici des titres plus récents de Lipovetsky, que je vais essayer d’aborder si nous en avons le temps:
    L’empire de l’éphémère (1987)
    Le bonheur paradoxal (2006)
    L’écran global (2007, avec Jean Serroy)

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