Il nous reste toujours le sport (Entrée 9)
Nous avions vu en cours un penseur qui déplorait, entre autres choses, la disparition des projets unificateurs. Il avait utilisé un terme de ce genre. Cependant, je considère que la règle suivante s’applique aux groupes d’êtres humains: S’il y a un besoin, le besoin sera comblé d’une façon ou d’une autre. De ce fait, à l’idée de déplorer la disparition de projets unificateurs, je devais considérer que ce n’était pas un vrai besoin de la société, ou que ce besoin était comblé d’une façon alternative.
Jusqu’à hier, j’avais laissé la question en suspend dans les tréfonds de mon esprit, la télévision et autres choses ne me semblaient pas suffire pour constituer une alternative plausible. Puis la réponse ma éclaté au visage quand j’ai vu la Coupe Grey. On a gagné w00t! Bref, on ne participe plus personnellement dans ce genre de projets unificateurs, on les supportes sans vraiment complétement y participer. Les sportifs vivent ces projets unificateurs (comme gagné une coupe) par procuration à la place des supporters devant la télévision ou bien dans l’aréna ou le stade. Les tournois ne deviennent plus que du sport, ils deviennent l’occasion pour la population de s’unir pour montrer qui sont les meilleurs. Tout le monde ne peut pas participer à l’évènement principal, mais plus ils supportent une équipe, plus ils ont l’impression d’avoir fait leurs parts et s’affirment dans un groupe (Et ils ont en partie raison, si le supporteur ne peut pas faire une passe, ses encouragements aident le moral de l’équipe qu’il supporte, ce qui est déjà faire sa part). Tout cela va jusqu’au point où des émeutes peuvent éclater et des bagarres entre supporteurs dans certains cas.
Ainsi, l’absence de projet unificateur pour la population n’est plus un problème, nous avons encore le sport pour nous sustenter en attendant le prochain.
